La 60ème Session Ministérielle de la CONFEMEN à Abidjan (Côte d’Ivoire)

A Propos

La Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements membres de la Francophonie (CONFEMEN) est sans aucun doute au plan mondial une des institutions internationales pionnières dans le domaine de l’éducation. Première institution mise en place par les pays francophones, la CONFEMEN a vu le jour dès 1960. De 15 pays à l’origine (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte-d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo et France), elle s’est progressivement élargie, passant aujourd’hui à 44 États et gouvernements membres. Son siège est à Dakar (Sénégal).

Les trois missions originelles de la CONFEMEN sont :

• informer ses membres sur l’évolution des systèmes éducatifs et les réflexions en cours ;

• nourrir la réflexion sur des thèmes d’intérêt commun en vue d’actions à mener en coopération ;

• animer la concertation entre ministres et experts afin d’élaborer des positions communes et formuler des recommandations pour appuyer les politiques régionales et internationales en matière d’éducation.

En relation avec l’ensemble des instances de la Francophonie dont elle a intégré la nouvelle Charte adoptée en novembre 2005, la CONFEMEN joue un rôle important d’orientation sur les questions d’éducation et de formation. Elle participe à la consolidation de partenariats entre les différents acteurs du secteur de l’éducation afin d’assurer l’élaboration et la mise en œuvre effective des plans d’action nationaux Éducation pour tous (EPT) et de mobiliser les ressources en faveur de l’éducation.

La CONFEMEN contribue à la réflexion sur différents aspects essentiels liés à l’avènement d’une éducation de qualité pour tous tels que la formation des enseignants, l’enseignement du français, la révision des curricula ou la production de manuels scolaires adaptés ainsi que tous les facteurs entrant dans le cadre de l’amélioration de l’efficacité interne et externe des systèmes éducatifs. C’est dans ce cadre que la CONFEMEN, en relation avec ses membres et en synergie avec ses partenaires, œuvre à l’émergence d’une nouvelle école garantissant mieux l’avenir de millions d’enfants à travers le monde.

Se fondant sur la volonté politique des chefs d’État et de gouvernement de renforcer le rôle politique de la CONFEMEN, les ministres membres décident d’adopter en 2000 à Ouagadougou (Burkina Faso), lors de leur 50e session, un plan de relance de l’institution, assorti d’un cadre d’action qui s’articule autour de quatre axes prioritaires à partir desquels se définissent les stratégies globales de la CONFEMEN :

1- Promouvoir l’Éducation pour tous dans le cadre de la lutte contre la pauvreté en contribuant au renforcement des capacités de négociation des Etats et en menant un plaidoyer convaincant dans les pays francophones et vis-à-vis des institutions internationales.

2- Mobiliser et diversifier les ressources en faveur du secteur de l’éducation tant au plan national qu’international, d’une part en organisant et en participant à des tables rondes réunissant les partenaires dans le but d’assurer une coordination plus efficace des aides allouées au secteur éducatif ; d’autre part en appuyant les autorités nationales dans la conception de stratégies de diversification des ressources aux plans local et national.

3- Viser l’efficience dans l’utilisation de ses ressources en aidant à promouvoir les principes de bonne gouvernance dans la gestion des systèmes éducatifs, à développer des politiques de ressources humaines qui visent l’amélioration de la qualité, la pérennité des systèmes éducatifs ainsi que la revalorisation de la fonction enseignante, à mobiliser les acteurs et les différents partenaires de l’école en vue de l’appropriation des politiques mises en œuvre.

4- Développer le pilotage des systèmes éducatifs en assurant le suivi de la mise en œuvre des politiques éducatives dans le cadre des plans nationaux, en développant des outils d’évaluation, en favorisant les échanges de bonnes pratiques et en renforçant l’expertise dans les pays francophones, ainsi qu’en réalisant des études d’orientation.

Ce plan de relance vise essentiellement à :

• porter le dialogue francophone dans les instances internationales ;

• contribuer à l’élaboration et à l’évaluation des politiques éducatives ;

• orienter et définir les grands paramètres de la programmation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en matière d’éducation/formation.

Au cours de la 59ème Session qui s’est tenue à Rabat (MAROC) en février 2022, la Côte d’Ivoire a proposé sa candidature pour accueillir la 60ème en 2024.

Suite à la validation de sa candidature, et conformément aux statuts de l’Institution, notre pays assure, depuis 2022, la 1ère vice-présidence du Bureau de la CONFEMEN et assurera d’office la présidence de la CONFEMEN de 2024 à 2026.

La Session ministérielle en Côte d’Ivoire aura lieu du 21 au 28 avril 2024 au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan. La cérémonie officielle d’ouverture des assises se déroulera le mercredi 24 avril 2024 au Palais des Congrès. L’un des temps forts de cette cérémonie sera le passage de témoin entre le président sortant, Monsieur Chakib BENMOUSSA, Ministre de l'Education nationale, du Préscolaire et des Sports du Maroc et Professeur Mariatou KONE, Ministre de l’Education Nationale te de l’Alphabétisation (actuellement premier Vice-président de la CONFEMEN).

La Session Ministérielle est une succession de réunions (la CAF, la réunion des CN, la réunion du Bureau) dont le clou sera la Conférence ministérielle (jeudi 25 et vendredi 26 avril 2024) qui accueillera environs 150 participants dont une quarantaine de Ministres, autant de Correspondants Nationaux, les membres du Secrétariat Technique Permanent (STP) et les partenaires de la CONFEMEN). Dès lors, le Professeur Mariatou KONE présidera le Bureau de l’Institution pendant deux ans (2024-2026).

Ainsi, après 1998 à Yamoussoukro (48ème Session) et 2014 à Abidjan (56ème Session), la Côte d’Ivoire accueillera pour la troisième fois la Session Ministérielle de la CONFEMEN, la 60ème du genre.

 

CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE

Les ministres de l’Éducation des États et gouvernements membres de la CONFEMEN se réunissent tous les deux ans afin de conjuguer leurs efforts à la scolarisation primaire universelle en relevant les défis de l’accès, de l’équité et de la qualité de leur système éducatif.

La Conférence ministérielle représente l’organe décisionnel de la CONFEMEN. Son rôle est d’orienter les politiques éducatives dans les pays ayant le français en partage à travers les décisions et recommandations afin d’intégrer les systèmes éducatifs au cœur des processus de développement social et économique. Lors de cette Conférence, les ministres de l’Education doivent :

• Débattre des questions relatives à l’évaluation des systèmes éducatifs nationaux et d’étudier les expériences menées ou à conduire en liaison avec les organisations internationales visant des objectifs similaires ou complémentaires à ceux de la CONFEMEN ;

• Se prononcer sur des axes d’orientation de la programmation en matière d’éducation-formation soumise à l’approbation des Sommets ;

• Se prononcer sur le programme d’activités de l’intersession préparé par le Bureau ;

• Se prononcer sur les questions qui auront fait l’objet d’études par des groupes de travail ad hoc (sur demande) ;

• Examiner les rapports d’activités du président sortant et du Secrétaire Général du Secrétariat Technique Permanent ;

• Examiner le rapport de la réunion du Bureau ;

• Examiner les demandes d’adhésion ;

• Se prononcer sur le renouvellement du Bureau de la Conférence.

 

LE BUREAU

Le Bureau a pour mandat de veiller au bon déroulement des travaux de la CONFEMEN et préparer les Conférences ministérielles. Le Bureau constitue l’organe exécutif de la CONFEMEN où siègent 17 ministres issus des différentes aires géographiques élus parmi les membres.

Conformément aux dispositions statutaires (art. 20), la 59e session ministérielle a élu les membres du nouveau Bureau pour l’exercice 2022-2024. En voici la composition :

• Président : Maroc
• 1er vice-président : Côte d’Ivoire
• 2e vice- président : Canada/Nouveau-Brunswick
• Rapporteur général :

- Les membres permanents sont : Canada, Canada/Nouveau-Brunswick, Canada/Québec, Fédération Wallonie-Bruxelles, France, Suisse et Sénégal.

- Les membres élus sont :

• Pour l’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire et Niger
• Pour l’Afrique centrale : Cameroun et Gabon
• Pour l’Afrique de l’Est et l’océan Indien : Maurice
• Pour les autres aires géographiques : Liban, Maroc et Roumanie

Le Bureau a pour mandat de veiller au bon déroulement des travaux de la CONFEMEN et préparer les Conférences ministérielles.

Les États et gouvernements membres du Bureau se réunissent à une réunion d’intersession, pendant laquelle ils :

• Mettent en œuvre les décisions arrêtées par la Conférence ministérielle en s’appuyant à cet effet sur le Secrétariat Technique Permanent ;
• Approuvent l’état d’exécution du budget de l’année achevée ;
• Approuvent toutes décisions modificatives éventuelles.

 

LA COMMISSION ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE (CAF)

La Commission administrative et financière est composée des Correspondantes et Correspondants nationaux des pays membres du Bureau. Convoquée annuellement par le président du Bureau, elle entend le rapport des commissaires aux comptes, examine le projet de budget de l’exercice suivant établi par le Secrétariat Technique Permanent avant d’être soumis au Bureau et adresse des recommandations au bureau.

 

RESEAU DES CORRESPONDANTS NATIONAUX

Chaque Ministre membre désigne un haut fonctionnaire de l’éducation à titre de Correspondante ou Correspondant national (CN). Celle-ci ou celui-ci représente l’intermédiaire entre le Secrétariat Technique Permanent (STP) et les ministères nationaux. Elle ou il est chargé d’assurer le suivi national des décisions de la CONFEMEN. Les CN se réunissent sur convocation du STP à la veille de chaque Conférence.

La Correspondante ou le Correspondant national est donc l’interlocuteur privilégié du STP et possède des responsabilités qui lui assignent certaines tâches :

• Il reçoit du STP, ampliation de toute correspondance de nature administrative et technique adressée aux autorités de son pays ;

• Il étudie les résolutions pour en dégager, à l’attention de son ministre, les possibilités d’application dans son pays et assure le suivi des décisions prises;

• Il diffuse aux services intéressés toute information et documentation utiles à son fonctionnement ;

• Il est dépositaire, dans son pays, des informations et documentations émanant du STP auquel il adresse toutes les informations relatives au système éducatif de son pays, susceptibles d’intéresser les autres membres.